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14/12/2017

ANNEXONS LA CHINE !

Mon idée, moi, c'est que le Québec devrait annexer la Chine, mettons, « unilatéralement », comme on dit.

Non mais, c'est vrai, à quoi ça nous sert à nous autres la Chine comme c'est là, à vraiment pas grand-chose, ça c'est sûr. En fait, la Chine ça sert rien qu'aux Chinois qui veulent être Chinois, c'est un non-sens, tout le monde sait parfaitement que n'importe qui aimerait mieux avoir « le passeport canadien », « la carte d'assurance santé », « la sécurité sociale », bref, le kit.

Un coup la Chine annexée, le poids du Québec sera pas mal plus fort dans la confédération canadienne, et à ce moment-là : Fuck you, le Canada ! Bonsoir, elle est partie ! Les Chinois annexés, ça les dérangera pas de voter oui à un référendum sur l'indépendance, ils se contre-câlissent du Canada comme de leur dernière baguette, eux autres, les Chinois, tant qu'ils peuvent livrer des « Numéro 2 » pour quatre personnes ils sont heureux, ce monde-là.

Voulez-vous la séparation du Québec ?

Non : cinq cent mille votes.

Oui : un milliard de votes.

Le résultat clair et net, incontestable, comme !

Mais tout à coup les Chinois résistent à se faire annexer ? Pas de problèmes, on les adopte toute la gang, ça finit là. On va à l'ONU et on propose que le Québec adopte collectivement la Chine au grand complet. Les Chinois ont même pas besoin de déménager, ils peuvent rester chez eux, si c'est ce qu'ils veulent, c'est plus simple et comme ça tout le monde est content. On leur demande juste de nous envoyer mettons deux trois dizaines de millions de petites pépées de quatorze quinze ans pour augmenter notre cheptel de femmes. Après ça, on fait semblant de se convertir musulmans et on a le droit d'avoir autant de femmes qu'on en veut, chaque homme s'en marie vingt, trente, quarante, si ça lui tente. Les petites poupées chinoises, ça fait leur affaire, elles allument assez vite, merci beaucoup, elles ont pas d'autres choix si elles veulent se pogner un gars de chez nous, c'est comme évident, il me semble.

Avec autant de femmes « en nombre supérieur », mettons trente millions de femmes pour trois millions d'hommes, moins les enfants et les fifs et les vieux plus capables de bander ou aveugles et paralysés, etc., le Québec peut virer total matriarcal du jour au lendemain, les femmes font tout le travail qu'il y a à faire, elles s'occupent de tout, nous autres pendant ce temps-là on se contente d'être des joyeux coureurs des bois la graine à l'air et de forniquer comme des lapins à longueur de journée.

C'est le bonheur !

À cause du succès de l'opération et de notre force démographique et de notre puissance économique, on devient le temps de le dire l'envie du monde entier, en plus d'être le premier pays producteur de riz de la Planète. Les pays bas de gamme se battent au sang, forcément, pour qu'on les annexe ou qu'on les adopte eux autres aussi. Comme on a imposé la loi 101 aux Chinoises qui sont venues vivre ici et à tous les autres Chinois-Québécois restés en ancienne « Chine » (la Chine est devenue mettons comme une sorte de Cantons de l'Est Asiatiques), tout le monde veut se faire franciser de force pour faire partie de notre magnifique nation, la langue française règne partout sur la terre, même les hosties de Français de France se mettent à parler québécois pour arrêter d'avoir l'air d'une belle gang de tatas.

Pour finir, on annexe les Etats-Unis, et là, l'humanité a atteint son but, elle est devenue une seule grande nation sans frontières : Le Québec ! Fini les guerres, etc., on a réglé tous les problèmes de la terre une fois pour toutes.

C'est génial !

Jeudi 11 décembre 2003

 

13/12/2017

LES OREILLES

J'étais couché dans mon divan, je me demandais à quoi je pourrais bien essayer de penser pour passer le temps. À un moment donné, une sorte d'idée me vient dans la tête, je me dis : je connais personne qui a des disques de Gilles Vigneault...

Eurêka !

En fait, j'ai jamais connu PERSONNE au monde qui avait UN SEUL disque de Gilles Vigneault. P-E-R-S-O-N-N-E !

C'est vrai, je le jure ! Pourtant j'ai un peu circulé, moi, j'ai un peu baisé dans ma vie !

Non mais, comment il fait pour se nourrir, ce gars-là ? Il tricote des casquettes de soi-disant loups des mers ? Il gosse des rames de chaloupe, ou quoi ? Des mâts ? Ou bien il a des subventions de quelque sorte ?

C'est peut-être pour ça qu'il est toujours aussi mal habillé, parce qu'il a pas les moyens ? Le col roulé en polyester, « coordonné » avec les culottes pareilles... Son éternel « ensemble », trente ans de temps... Il doit être comme Olive Oil avec ses quarante-deux robes identiques dans son garde-robe. D'un autre côté, il faut essayer de le comprendre, Gilles Vigneault, les clowns ça a besoin d'un costume, le monde les reconnaissent plus facilement comme ça quand ils les voient, mettons.

En parlant de clown, à un moment donné j'entends Paul Piché dire publiquement à la télévision : « Moi je me sens privilégié de vivre à la même époque que Gilles Vigneault, moi. »

Tel quel ! Mot pour mot !

Ça va pas, non ? Hey ! La bière te fait pas juste faire de l'urticaire, mon gars !

Privilégié pourquoi ? Il a gagné le prix Nobel de quoi, Gilles Vigneault ? Il a écrit des chansons, pas la Très-Sainte Bible ! Quelques chansons ! On sait même pas combien ! Il a fait des disques que personne a !

« Moi je me sens privilégié de vivre à la même époque que Michael Jackson ! Que Patrick Bruel ! Que La Poune ! Que Jean-François Poutine ! Que Donald Duck ! »

Qu'est-ce qu'il a fait pour moi, Gilles Vigneault ? Il a inventé le radium ? La gigue ? Les corn flakes ? Le Nutella ? Le bikini ? La Boréale rousse ? Le pétrole ? À quoi il me sert, moi, ce gars-là ? À quoi il sert à qui ?

C'est ce que je voudrais bien savoir !

Un coup parti, à quoi il sert Paul Piché, je veux dire à part à vendre des disques de Paul Piché ?

Pourquoi tu aurais envie d'inviter ce monde-là dans ton taudis ? Ou dans ton tipi ? Qu'est-ce que ça peut t'apprendre, une vedette ? À monter un show dans le sous-sol de ton bungalow le samedi matin ? À faire du ski nautique ? À te servir d'une râpe à fromage ?

Non ! Une vedette, c'est quelqu'un qui t'apprend à lui donner de l'argent, ça finit là !

« Maudit argent ! »

À part ça, j'y pense, tant qu'à y être, est-ce qu'il y a quelqu'un quelque part au monde qui met du Gilles Vigneault dans ses partys pour booster un peu l'atmosphère, pour que ses invités aient le goût de s'éclater comme des malades ? Est-ce qu'il y a une seule créature au monde qui a déjà écouté du Gilles Vigneault en fumant un bon gros « jouint », comme disait l'autre ?

C'est la question qu'il faudrait se poser !

Et la poser, c'est y répondre !

(Peut-être Gaston Miron, mettons ? Ou Pauline Julien ? Ça se peut... Ce genre-là, le genre « privilégiés » eux autres aussi... Aujourd'hui morts et enterrés, naturellement, mais autrefois hautement « privilégiés »...)

Il faudrait que je fasse le coup à quelqu'un, un de ces Noël.

- Tiens ! Un CD de Gilles Vigneault !

Rien que pour lui voir la bette !

- Euh... Merci... Merci vraiment beaucoup...

Je gaspille pas mon temps, moi, quand je m'y mets, j'ai rien que ça à te dire, moi, Chose.

Jeudi 11 décembre 2003

 

12/12/2017

MARIO QUI ?

J'étais chez du monde, une fois, ça m'arrive, ils se mettent à écouter le téléroman « Laver, laver » de Stéphanie de Bourguignonne, ça m'intéresse pas, moi, ces affaires-là, c'est comme trop intellectuel pour ma petite tête, j'y comprends rien, ça fait que je décâlisse, je m'en vais voir ailleurs si j'y suis, je marche dans les rues de notre belle (...) ville de Montréal, je réfléchis à toutes sortes de choses, pas trop compliquées, de préférence, je me mets à penser à Jimi Hendrix, par exemple, je sais pas pourquoi, je me demande si c'est vraiment vrai ce qu'on raconte, que des fois il jouait de la guitare tellement vite qu'elle prenait en feu, ça se peut quasiment pas, cette histoire-là, mais c'est ce que j'ai déjà entendu dire, il me semble, à un moment donné je croise un gars l'air assez idiot, bien rasé mais la barbe forte, le poil noir, l'espèce de regard pas très allumé du primate (« animal de l'ordre des mammifères placentaires, à dentition complète et à main préhensile »), le genre les deux yeux dans le même trou, à cause des sourcils peut-être, du front bas, etc., bref, le pas très vite par excellence, je me dis tiens, mais c'est Mario Dumont, ce gars-là, en tout cas il lui ressemble comme deux gouttes d'eau, ah, moi j'ai une grande admiration, moi, pour le beau Mario Dumont, sérieusement, ce fringuant gaillard-là il m'impressionne beaucoup, moi, c'est un petit trou du cul insignifiant sans la moindre envergure, comme il y en a des milliards au Québec et ailleurs dans le Vaste Monde, mais il faut bien reconnaître qu'il l'a trouvée lui, l'affaire, la politique ici c'est comme plutôt simple, ou bien c'est le Parti Libéral ou bien c'est le Parti Québécois, ça changera jamais, tout le monde sait ça, à commencer par le beau Mario, ça fait qu'il s'embarque dans une espèce de « parti politique » bidon, une niaiserie, une nullité totale, son truc c'est qu'il est sûr à 100 pour 100 que son parti sera JAMAIS élu, JAMAIS, il peut seulement enlever un peu de votes aux libéraux, un peu de votes aux péquistes, sans que ça ait jamais AUCUNE conséquence d'AUCUNE sorte, ça fait que « fort de cette assurance » il peut dire N'IMPORTE QUOI, absolument N'IMPORTE QUOI, comme moi, mettons, comme n'importe quel ivrogne délirant en train de morver dans sa barbe et de chier dans ses culottes et de vomir sur le plancher de sa soue à cochons en hurlant des insanités incompréhensibles, en campagne électorale il peut promettre n'importe quelle connerie gigantissime et pharaonique, n'importe quelle titanesque absurdité sans nom de psychopathe halluciné crinqué au PCP, n'importe quelle cauchemardesque idée sans queue ni tête de schizophrène tordu complètement disjoncté qui parle en langues inventées, il peut brailler n'importe quelle critique de bouffon surréaliste décérébré victime de lobotomies à répétition à coups de machette infectée au pire virus de l'encéphalite spongiforme bovine possible dans tout l'univers connu et inconnu, ABSOLUMENT N'IMPORTE QUOI qui dépasse l'entendement, qui déraille, qui tient pas debout, qui est illogique, irrationnel, indéchiffrable, fou, qui détruit les fondements mêmes des limites pourtant assez élastiques de la pensée humaine et même de celle des végétaux les plus légumes en état de décomposition la plus totale et irréversible, c'est à peu près ça, Mario Dumont, en gros, il a cette chance-là faramineuse, cette position-là unique, prodigieuse, inouïe, et en plus il est payé pour, parce qu'un nombre suffisant d'arriérés crétins bornés croupissant dans le vide le plus sordide des plus inextricables bas étages concevables du cerveau reptilien s'acharnent maladivement à l'élire dans son comté de la Rivière-du-Loup, finalement à force de marcher cahin-caha j'arrive mine de rien à la « Brasserie des Variétés » et je vais me soûler la gueule comme un grand, that's it, that's all folks, c'est tout, au revoir et merci.

Vendredi 12 décembre 2003