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28/10/2017

LES HÉLICES

On peut faire à peu près n'importe quoi dans la vie, et d'ailleurs personne s'en prive, par exemple moi j'ai déjà entendu dire qu'il y a du monde qui collectionnent des timbres, mettons, c'est une assez bizarre d'idée quand tu y penses, mais il paraît que ça se fait pour de vrai, va comprendre.

Mais que tu fasses telle ou telle chose, que tu sois ce que tu voudras, pape ou pompier ou ramoneur ou astronaute ou journaliste « sportif », tout le monde a ce qu'on appelle « une vie quotidienne », comme on dit.

George W. Bush, le président des États-Unis, il arrête pas une minute, ce super héros-là, il est partout en même temps sur la planète et dans son grand et magnifique pays, il fait du jogging aussi en plus, je pense, comme Mick Jagger, etc., et pourtant George W. Bush il faut bien qu'il fasse son caca à tous les jours, sinon ça ira pas bien pour lui, ses affaires.

Si tu fais pas ton caca au moins une fois par jour, ta « vie quotidienne » risque de pas aller comme il faut à un moment donné, c'est une des lois de la Nature, on en sort pas.

Ce que je me demande, moi, c'est à quoi ça peut ressembler la vie quotidienne d'un tueur à gages, mettons, ou bien d'un violeur professionnel, ou bien, je sais pas, moi, un inceste illettré qui vit sur le bien-être social et qui baise toute sa famille au grand complet, soir après soir, avec l'aide de ses deux fils lobotomisés et de son cousin l'édenté, dans son taudis à la marde, en buvant de la petite « 50 » tablette et en mangeant des pinottes barbecue ou des crottes de fromage, ce genre-là de sérieux malades mentaux qu'on entend parler à pleins journaux si on les lit.

C'est pas les vedettes milliardaires qui ont des vies mystérieuses, c'est les malades, les vrais pétés, les sautés entre les deux oreilles, les toastés de la boîte à fusibles, les « hélices ».

Un « hélice », c'est un adulte qui a une casquette de ti-cul de trois ans dans sa tête avec une hélice sur le dessus, d'où le nom : « Hélice ».

Si tu violes une petite poulette de quatorze quinze ans ou n'importe quel genre de femme et que tu la tues après, parce que ça m'a tout l'air que c'est toujours comme ça que ça se passe, c'est plus prudent, ils sont quand même pas complètement fous, ces débiles-là, ils vont pas laisser la fille s'en aller bavasser à tout le monde, ils aiment mieux la tuer parce que ça fait plus de sens de la tuer que de pas la tuer, si tu fais ce genre de choses-là un beau mercredi matin en te levant ou un lundi soir en revenant du bureau ou du garage ou de la brasserie, il y a des fortes chances que ça te travaille depuis déjà un assez bon bout de temps, il me semble, et si tu le fais une première fois ça m'a tout l'air que ça te donne le goût de le refaire une deuxième fois, et après ça une troisième, etc., après ça s'arrête plus tant que la police t'a pas arrêté, justement, tu es devenu un violeur professionnel, c'est quand même assez drôle comme vie, ça, non ?

Imagine un violeur en train de faire caca le lendemain matin en finissant son café ou en lisant son journal, à quoi il pense, ce génie-là ?

Si ça parle de lui dans le journal, je veux dire de sa dernière orgie de capoté cinq étoiles dans une ruelle de quelque sorte ou dans un parc à minuit ou dans un garage souterrain avec un marteau et un tournevis ou je sais pas quoi, qu'est-ce qu'il se dit le gars, il a honte ou il bande encore plus ou bien il pense à rien ou bien ça le fait rire, qu'est-ce qu'il fait si il a du lavage ou une sauce à spaghetti à faire ce jour-là ou si son cousin Jean-Guy doit venir prendre un coup avec lui en écoutant le hockey ?

C'est pas parce que tu es un violeur professionnel que tu as pas besoin d'aller t'acheter une paire de gants ou de souliers de temps en temps, ou d'aller te chercher du cash à la banque pour te faire venir une pizza, c'est ça qui est vraiment bizarre, au fond, dans la vie.

Dimanche 18 janvier 2004

 

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