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30/10/2017

I DRINK ALONE

- « I don't ordinarily drink with strangers / I drink alone... »

- C'est quoi, ça, cette chansons-là?

- C'est une chanson que j'ai entendue à la radio aujourd'hui quand je me suis réveillé, c'est une chanson « de jazz ».

- Une chanson de jazz ?

- Oui.

- Tu écoutes du jazz, toi ?

- Non non, je mets la radio pour me réveiller le matin, c'est tout, je sais jamais à quel poste je suis, ça peut être n'importe quoi, je peux tomber sur n'importe quelle musique ou n'importe quoi d'autre, des postes en chinois, n'importe quoi.

- Tu te réveilles pas avec « Marie-France Bazzo-Canada », toi ?

- Ça m'est peut-être déjà arrivé, mais c'était par accident, dans un sens.

- Comment ça, par accident ?

- La nuit, quand je me couche, j'allume la radio des fois avant de m'endormir et je change de poste pour me réveiller le lendemain, je sais jamais d'avance sur quoi je vais tomber, la radio moi je connais pas vraiment ça, ça m'intéresse pas, moi, ces affaires-là.

- Oui, mais tu risques pas d'avoir des surprises des fois, genre « musique heavy métal malade mental », ça te part une journée assez raide merci, ça, mon gars.

- Ça peut être n'importe quoi, c'est ce que je te dis.

- En parlant de n'importe quoi, j'ouvre le journal « Voir », l'autre jour, il y a une chronique qui s'appelle « Les grandes gueules », cette semaine c'était un texte d'un Français qui s'appelle Maurice Gantec.

- Bantec, je pense.

- Comment ?

- Maurice BANTEC, pas GANTEC.

- Anyway, c'est un autre hostie de Français fatiguant, un trou du cul, une nuisance, un épais.

- Qu'est-ce que les hosties de Français viennent faire dans nos journaux, ils en ont pas eux autres des journaux en France, ces hosties-là ?

- Écoute, c'est rien ça, cet hostie-là il est même déjà venu vivre ici, à Montréal, se pogner le cul un bout de temps, le temps de nous écœurer avec ses hosties de niaiseries de Français de France.

- Qu'est-ce que tu veux, Montréal c'est pas loin de New York, en plus ça coûte pas mal moins cher aussi, ça fait que...

- J'ai feuilleté un de ses livres à ce gars-là, moi, à un moment donné, par hasard, une brique de six cents pages avec un titre genre « Le crépuscule de l'Occident », ou « La machine de guerre » ou « Fourbissons nos armes » ou je sais pas quoi, un titre « titre » qui est sensé fesser mais qui veut absolument rien dire, dans le fond.

- Et puis ?

- C'est nul, c'est n'importe quoi, genre « j'ai fumé du hasch et ça fait trente-six heures que j'écris - comme si c'était un exploit d'écrire n'importe quoi sur n'importe quoi juste pour '' écrire '' - et le soleil se lève et comme l'a dit Nietzsche et l'écrivain au troisième millénaire devra être technologique et américain etc. », tu refermes ça, tu te dis : « Ça sert à absolument rien, ce livre-là, tu fais quoi avec ça, ça te mène à quoi, ça te mène à absolument rien. »

- Dans le journal « Voir », c'était quoi son trip ?

- C'était la même affaire, une autre niaiserie, il se chicanait avec un autre illustre trou du cul de quelque sorte qui avait écrit je sais pas quoi, il l'engueulait à propos des Arabes et des Juifs qui s'entretuent, je pense, ou des Musulmans fuckés, je sais pas, j'ai absolument rien compris.

- C'est une grosse industrie, l'industrie du papier.

- C'est des milliards, tu veux dire.

- « I don't ordinarily drink with strangers / I drink alone... »

Dimanche 18 janvier 2004

 

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