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07/11/2017

REGARDE

- L'autre jour, j'ai lu dans un livre une phrase qui disait quelque chose comme : « Les poissons tu peintures pas ça, ça écaille. »

- C'est pas fou.

- C'est pas fou, certain, sauf qu'il fallait quand même y penser.

- En parlant de lecture, est-ce que tu lis ça, toi, le journal « Voir » ?

- Écoute, je suis pas un visuel, moi, je suis un auditif.

- Oui, c'est ce que j'ai entendu dire.

- « Voir », c'est quoi, c'est de la merde, « Voir », c'est ce que c'est : c'est de la merde.

- « Voir » c'est de la merde, toi tu trouves ?

- Tu sais pas c'est quoi, toi, de la merde ?

- C'est « Voir ».

- C'est ça, « Voir Montréal », « Québec », « Hull », « Alma », etc.

- Ça dérange personne, ils le donnent.

- Exactement.

- Montréal, Québec, ailleurs, le monde le prennent, ils le lisent ou ils le lisent pas.

- Ils le lisent, inquiète-toi pas, c'est ça le pire.

- Toi, tu le lis, le « Voir », toi ?

- Je le parcours chaque semaine d'un derrière distrait, mettons, comme disait l'autre.

- C'est un geste gratuit.

- En quelque sorte, oui.

- Dans le temps de Paul Desmarais, tout le monde haïssait Paul Desmarais parce qu'il était plein, après ça le monde l'ont haï encore plus quand il a acheté le journal « La Presse » et après ça tout le monde l'ont haï encore mille fois plus parce qu'il achetait tous les journaux de la province et des postes de radio et n'importe quoi et qu'il contrôlait tous les « médias ».

- C'est exact, tu te trompes pas.

- Après ça, Péladeau est arrivé avec ses petits journaux à potins et il a commencé à se mettre plein tranquillement, c'est comme ça qu'il a commencé, Péladeau, je veux dire le père.

- Personne peut dire le contraire.

- Après ça, Péladeau a eu son coup de génie, il a inventé « Le Journal de Montréal » et il est devenu vraiment, mais vraiment plein, je veux dire riche à millions, Péladeau.

- Péladeau, il avait ça dans le bras, c'est sûr.

- Mais Péladeau c'était un clown, les Québécois l'aimaient, c'était pas comme Paul Desmarais.

- Paul Desmarais, c'était un gars de l'Ontario.

- Un gars gêné, qui bégayait, en plus.

- Il avait commencé dans les autobus, ça inspirait pas tellement confiance aux Canadiens français qui aiment pas les survenants.

- En tout cas, il y avait quelque chose avec Paul Desmarais qu'il y avait pas avec Péladeau.

- Tu veux dire le père.

- Est-ce qu'il y en a d'autres ?

- Anyway, la question c'est comment Chose de « Voir » a fini par se mettre plein lui aussi.

- C'est le même principe, mais le gars de « Voir », lui, c'est l'homme invisible, il a même pas de nom, ce gars-là, personne peut l'attaquer, il y a rien que : « VOIR », la seule affaire que tu vois jamais c'est la face du plein en arrière.

- C'est comme Apple, Apple c'est correct, Bill Gates, lui, tu lui câlisses des tartes à la crème en pleine face et tu l'haïs pour mourir.

- « Voir », c'est 80% de pub, 20% de textes, c'est des méchantes machines à piastres, les « Voir ».

- C'est « Le Journal de Montréal » des cégépiens, le « journal Voir ».

- Il y a pas rien que les cégépiens qui lisent le « Voir ».

- Non, mais le genre de lecteurs qui lisent ça c'est des lecteurs de type mental cégep, c'est une nouvelle sorte d'êtres humains pas très vite.

- C'est la génération des cégeps.

- C'est ce que je me dis.

- C'est quand même un peu inquiétant.

- C'est possible.

- On dit trop souvent « c'est », tu trouves pas ?

Vendredi 9 janvier 2004

 

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