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06/12/2017

" INDICATIF PRÉSENT "

- Tu écoutes la radio, toi ?

- Moi ?  Jamais.

- Moi non plus, tu peux pas t'asseoir et écouter la radio et rester là à rien faire d'autre, c'est l'ennui total.

- C'est pour ça que le monde qui écoutent la radio ils font d'autres choses en même temps, comme ça ils se rendent moins compte que c'est nul.  Si tu es un chauffeur de taxi, mettons, tu passes ta vie dans une auto, tu peux quand même pas te mettre à regarder la télévision en conduisant, ou lire le journal, même si c'est « Le Journal de Montréal ».

- Oui, mais moi je trouve que c'est pas poli pour les clients d'écouter la radio quand tu les transportes dans ton taxi.

- C'est vrai, d'ailleurs c'est pas poli d'écouter la radio quand tu es avec du monde, point, ou bien tu les écoutes eux autres ou bien tu écoutes la radio, un des deux.

- Oui, ou bien tout le monde écoute la radio ensemble sans dire un mot, mais c'est débile, ça, tu imagines trois quatre personnes en train d'écouter la radio sans se parler ?  La télévision, je dis pas, tu regardes un film de cul ou une partie de football ou n'importe quoi avec tes chums ou ta blonde, mais la radio...

- Tu peux le faire si c'est de la musique, à ce moment-là tu peux parler, la musique ça s'écoute pas vraiment, ça te rentre tout seul dans la tête, il y a rien à comprendre.

- À la radio, il y a quand même des émissions où c'est pas juste de la musique, des émissions où ça parle, prends Marie-France Bazzo, par exemple, c'est une émission où ça parle pas rien qu'à peu près à part ça, Marie-France Bazzo.

- « Bazzo », c'est portugais ou quoi ?

- Aucune idée.  Aucun intérêt non plus.  C'est comme son émission.  Le seul moment dans ma vie où j'écoute la radio, moi, c'est avec mon « radio-réveil », le matin, mais en fait je l'écoute pas vraiment, je me réveille.  C'est Radio-Canada, tu as les nouvelles, la température, en deux trois minutes tu sais tout ce que tu as besoin de savoir, et même tout ce que tu as pas besoin de savoir, et hop, tu te lèves, ça finit là.

- Marie-France Bazzo, c'est pas la grosse qui parle sur le bout de la langue, la face de cheval ?

- Oui oui, c'est elle, je l'ai déjà vue à la télévision, elle est partout, c'est une vraie maladie, c'est une vraie plaie, cette fille-là.

- Qu'est-ce que tu veux, leur job à ce monde-là c'est de se montrer, ils en ont jamais assez.

- Mets-en.  Son émission, c'est quoi ?  C'est pas de l' « information », c'est juste d'autre monde qui vont se montrer à la radio comme ils veulent se montrer partout ailleurs.  Ils ont toujours quelque chose à nous vendre, remarque, mais même quand ils ont rien à vendre ils aiment ça aller se montrer pareil.  À Bazzo, l'autre jour, par exemple, je me réveille, il y avait une « table ronde sur les odeurs », tu vois le genre, trois quatre bouffons, on s'invite entre nous autres et on papote et on prend de la place et on occupe le terrain et on est payés comme des cochons en même temps.  Une « table ronde sur les odeurs » !  « Qu'est-ce que vous pensez des odeurs ? »  Avec Louise Forestier !  C'est quoi le rapport ?  Et un gars qui fait de la cuisine, mais pas parce qu'il est cuisinier : parce qu'il est à la télévision.  Forcément !  Louise Forestier, elle « remonte sur scène » ces temps-ci ou bien elle vient de sortir un autre disque, son gérant a dû lui dire d'aller se montrer à la radio, « moi quand j'étais petite les odeurs, blabla, en passant je suis à Magog le 27 pour mon show et mon nouveau disque s'appelle Patati Blablabla, etc. ».

- Louise Forestier, c'est peut-être une amie à Marie-France Bazzo aussi.

- C'est pas difficile, Marie-France Bazzo tout le monde doit être ses amis.  Non mais, tu t'imagines la vie de ce monde-là, toi, tu imagines la merde que c'est, la pitoyabilité ?  Pfu !...

Mercredi 17 décembre 2003

 

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