Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/11/2017

EN REGARDANT UN DOCUMENTAIRE SUR NICO QUE J'AI DÉJÀ VU ANYWAY

Les drogués, c'est quand c'est des vieux drogués que c'est intéressant.

Jeune, petit punk, trou du cul, c'est plutôt nul, par contre, moi je trouve.

Les jeunes devraient pas se droguer, fumer des cigarettes, etc., les vieux eux autres c'est correct s'ils le font, c'est des « quelqu'un », les vieux, quand tu commences à devenir vieux tu commences à devenir quelqu'un, en plus tu as du temps en masse et le temps c'est comme extrêmement important quand tu te drogues.

Même que je dirais que le temps c'est l'essence de la drogue, le ralentissement ou l'accélération du temps, les deux sont faux, mais en même temps les deux sont vrais, c'est ça, l'astuce.

La drogue, dans le fond, c'est assez miraculeux quand tu y penses, comme « produit » ça aurait jamais connu le succès que ça a connu si au départ il y avait rien eu là.

Le monde moyen s'intéressent pas vraiment à la drogue, ils se contentent de vivre leur vie, c'est pour ça qu'ils sont moyens aussi et qu'ils réussissent en moyenne assez bien, ils font ce qu'il faut faire si tu veux pas avoir de problèmes dans la vie et finir par mourir en santé.

C'est le monde ou bien très intelligent ou bien très nul que la drogue ça intéresse, en général, du monde très intelligent il y en a pas mal, du monde très nul aussi, mais la drogue c'est pas pour les sensibles, ça c'est sûr, et de ça aussi il y en a beaucoup dans la vie, des sensibles.

Je dis que la drogue c'est miraculeux parce qu'il fallait surtout la trouver, la « découvrir », et ça, c'est comme très loin d'être évident.

Tu prends une assez grosse planète, finalement, et une petite gang d'êtres humains garrochés ici et là la marde au cul, et les êtres humains trouvent quand même la drogue, il fallait le faire, on peut pas dire le contraire.

Une chose vraiment spéciale, aussi, c'est que presque toutes les drogues, pour pas dire toutes les drogues, viennent des plantes, même la bière et le vin et la vodka et le rhum, avec la canne à sucre, et je trouve, moi, que c'est une relation assez hallucinante entre deux genres de choses vivantes qui ont finalement pas grand-chose à se dire, si tu y penses deux minutes.

Les animaux, on les mange, les plantes aussi on peut les manger, mais les animaux nous font pas halluciner, eux autres, quoique ça pourrait être assez tripant si quand tu manges du St-Hubert Barbecue, mettons, tu devenais stoned.

Il y a quelque chose dans la chimie de certaines plantes qui nous fait ce que ça nous fait, les plantes c'est les seules affaires au monde qui nous apportent les affaires qu'elles nous apportent, nous autres en tant qu'animaux, en tant que machines vivantes d'une autre sorte, tout ce qu'on peut apporter aux plantes que les plantes connaîtraient jamais sans nous autres, c'est la marde.

Non mais, c'est vrai, et le plus drôle c'est que les plantes aiment la marde, les plantes ont besoin de la marde pour vivre, elles se nourrissent de ça, la marde, elles, les plantes.

C'est quoi de « l'engrais », tu penses, si c'est pas une forme de, excuse le mot, mais de « marde » ?

Pour se nourrir de marde, les plantes il faut que ça soit un genre de bibittes assez drôles.

Remarque, pour une plante un être humain ça doit pas exactement être trop banal non plus, n'est-ce pas.

Bref, quand tu prends de la drogue, tu deviens comme qui dirait « végétal », d'une certaine manière, tu te remplis d'organismes végétaux qui se mettent à pousser dans ton toi-même comme une forêt, ils « s'implantent », comme on dit, sans jeu de mots, et pas rien qu'à peu prés.

À un certain moment, tu veux t'en débarrasser, mais il en est pas question, elles ont conquis toute la terre, elles, les plantes, elles en ont rien à chier que tu essayes de leur résister.

Lundi 5 janvier 2004

 

11/11/2017

WOMAN IN LOVE

- Une chance que les années ont juste douze mois, le treizième on saurait pas comment l'appeler.

- Mets-en.

- À part ça ?

- À part ça, moi je te dirais : si les années peuvent être bissextiles, pourquoi nous autres on pourrait pas l'être ?

- Bissextile dans quel sens, dans le sens de « textile » ou dans l'autre sens ?

- Quel autre sens ?

- Laisse faire.

- C'est ce que je me disais aussi.

- Mais toi, les Bee Gees, finalement ?

- Quoi, « moi les Bee Gees finalement » ?

- T'es-tu fait une idée, finalement ?

- Une idée sur quoi ?

- Sur les Bee Gees.

- Je te comprends pas, qu'est-ce que tu veux dire au juste ?

- C'est assez clair, il me semble.

- C'est assez clair pour toi, peut-être.

- Tu connais pas les Bee Gees ?

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- Tu connais pas les Bee Gees ? !

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Tout le monde connaît les Bee Gees.

- Je le sais, les Bee Gees je les connais, qu'est-ce que tu penses ?

- C'est quoi ton avis ?

- Mon avis sur quoi ?

- Sur eux autres, sur les Bee Gees.

- Tu veux dire : « Qu'est-ce que j'en pense ? »

- Oui.

- Tu as des préoccupations vraiment pas banales, toi, Chose.

- Les Bee Gees, tu les trouves banals, ou quoi ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire, ce que je pense des Bee Gees ?

- Si tu connais les Bee Gees, tu en penses forcément quelque chose.

- Peut-être que oui, peut-être que non, mais toi qu'est-ce que ça peut te faire que je pense « ci » ou « ça » des Bee Gees ?

- C'est pas ça la question.

- Toi, qu'est-ce que tu en penses, toi, des Bee Gees ?

- Tu veux que je te dise ce que moi je pense des Bee Gees ?

- Oui, vas-y donc, ça m'intéresse.

- Ce que je pense des Bee Gees, moi, c'est que « les Bee Gees » ça fait pas très affirmé, mettons.

- C'est ce que je me dis moi aussi.

- Vous faites quoi dans la vie, je suis un « Bee Gees », tu vois le genre.

- Le genre « Bee Gees ».

- Justement.

- C'est déjà un début de pensée, tu tiens peut-être quelque chose, toi, là.

- Mais je vais te dire une chose, par exemple.

- Vas-y donc, je t'écoute.

- Si tu as écrit « Woman in Love », moi je pense que tu as le droit d'exister sur notre planète.

- Sur notre planète, qu'est-ce que tu veux dire, « sur notre planète », « La planète des singes » ou la planète « Ivory » ou quoi ?

- Tu connais pas « Woman in Love » ?

- Tu veux dire la chanson de Barbra Streisand ?

- C'est Barbra Streisand qui la chante, mais c'est pas elle qui l'a écrit, c'est les Bee Gees.

- Je savais ça, figure-toi.

- Imagine, tu as écrit un classique.

- Un classique de quoi ?

- Où il est Mozart aujourd'hui, aujourd'hui il est mort, Mozart, c'est à peu près là où il est, Mozart, aujourd'hui, figure-toi.

- Figure-toi que je le savais, Chose.

- « Woman in Love », c'est pas un classique, d'après toi ?

- En tout cas, pas quand c'est Mireille Mathieu qui la chante.

- C'est exactement ce que j'essaye de te dire.

Mardi 6 janvier 2004

 

10/11/2017

LE PETIT DERNIER

- Je me sens comme un rat dans un baril, tout est toujours pareil

- Ah, commence pas avec ça.

- Les nouvelles à la télévision, entre autres, c'est toujours pareil.

- Écoute-les pas, c'est tout.

- Tu peux pas vivre sans nouvelles.

- Sans nouvelles de quoi ?

- Sans nouvelles du monde.

- Le monde a pas besoin de toi, pourquoi toi tu aurais besoin du monde ?

- J'ai pas besoin du MONDE, mais j'ai besoin d'avoir des NOUVELLES du monde au moins une fois de temps en temps.

- Qu'est-ce que ça te donne de savoir qu'il y a un nouveau « Queen Mary », mettons ?

- Le bateau « le Queen Mary » ?

- C'est pas un bateau français, ça, le « Queen Mary » ?

- Ça me donne de savoir qu'ils en font encore.

- Franchement, ils auraient pu l'appeler « le Reine Marie », ces hosties de Français-là.

- Je suis pas certain que le « Queen Mary » c'est un bateau français, moi, par exemple.

- Moi non plus, remarque.

- Tu vois, on est mal informés.

- Moi ça me dérange absolument pas d'être mal informé, moi, qu'est-ce que tu voudrais que ça me fasse à moi d'être mal informé ?

- Prends les « Casques Bleus », dans les nouvelles, quand je te dis que c'est toujours pareil, c'est toujours « les Casques Bleus », jamais les mettons « Casques d'Une Autre Couleur Que Les Casques Bleus », mettons.

- Les nouvelles, ça a aucune espèce d'intérêt, c'est ce que je te dis.

- Ils devraient mettre plus de sciences dans les nouvelles, comme ça le monde apprendraient quelque chose de vraiment nouveau chaque fois qu'ils les écouteraient.

- C'est comme voter, je vois pas à quoi ça sert, moi, voter, j'ai jamais voté de ma vie, même pas aux deux « référendums », qu'est-ce que ça a changé, ça a absolument rien changé à rien.

- Tu t'imagines être journaliste, la platitude que ça doit être ?

- De quoi tu parles ?

- Tu trouverais pas ça plate à mourir, toi, d'être journaliste ?

- Ils sont pas à plaindre, les journalistes, ils sont tout le temps partis en voyage, en plus ça leur coûte absolument rien de leur poche.

- Oui, mais pour être journaliste il faut que tu aies pas d'imagination, mais c'est impossible, ça, de pas avoir d'imagination, personne a « pas » d'imagination, ça se peut pas, ça, « pas avoir d'imagination ».

- On s'en fout, ça a aucune importance ce que tu dis.

- Toi non plus, de toute façon, ça a aucune importance ce que tu dis.

- C'est ce que je te dis, c'est comme les nouvelles, à la télévision ou dans les journaux c'est pareil, c'est toujours les mêmes nouvelles.

- C'est ce que je te dis aussi, tout est toujours pareil.

- Même si la fin du monde c'était mettons demain matin, une fois qu'on le saurait qu'est-ce que tu voudrais que ça nous fasse, ils pourraient pas en faire des nouvelles éternellement.

- Quand tu as un enfant, par contre, c'est jamais pareil, parce que ton enfant grandit.

- Les enfants, moi, ça m'intéresse pas, que ça soit dans les films ou dans la vie ça m'intéresse absolument pas, moi, les enfants.

- Ils devraient faire des nouvelles comiques comme avec les enfants, les enfants c'est toujours assez comique, finalement.

- Je trouverais pas ça comique d'être un enfant, moi, en tout cas.

- Non, toi tu serais plutôt le genre à être dans les « Casques Bleus », je trouve.

- Qu'est-ce que tu voudrais que ça me fasse ?

Mercredi 7 janvier 2004