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06/11/2017

LE PATINAGE

- Les choses arrêtent jamais.

- Une attend pas l'autre...

- ... qui attend pas l'autre...

- ... qui attend pas l'autre...

- La nouvelle affaire, là, c'est le patinage artistique, est-ce qu'il y a quelque chose au monde qui est plus nul que le patinage artistique, d'après toi, Chose ?

- Mettons que le patinage artistique c'est assez nul, merci.

- Je te le fais pas dire.

- Merci.

- Tu peux pas faire grand-chose dans le patinage artistique, les trois quarts du temps ils sont en train de prendre leur élan en patinant, et le reste du temps ils font les mêmes trois quatre affaires que tout le monde connaît, garrocher la fille dans les airs, etc.

- En somme, c'est un peu lassant.

- C'est un peu lassant à la longue, en effet.

- C'est pas très distrayant.

- En effet.

- Dans ce cas-là, pourquoi les arénas sont pleines à longueur d'année, pourquoi le monde arrêtent pas de regarder ça à la télévision jour après jour comme des hosties de malades ?

- C'est vrai que c'est un fléau qui commence à avoir de l'ampleur.

- Les patineurs olympiques, leurs carrières c'était pas grand-chose, finalement, il y avait pas tellement de débouchés, à part entraîner d'autres patineurs olympiques qui allaient entraîner d'autres patineurs olympiques, etc., ça fait qu'ils ont inventé le « patinage artistique » pour essayer de gagner leurs vies mais toujours en faisant du patinage, mettons.

- Tu mets un peu de musique, le monde aiment ça, ça leur en prend pas plus.

- Mais tu remarqueras une chose, c'est qu'après leurs soi-disant numéros de patinage « artistique » il se passe quoi, il se passe que tu as des juges qui leur donnent des points, comme quand ils étaient dans les olympiques, c'est fait exactement de la même manière, « 4.7 », « 5.9 », « 5.3 », etc.

- C'est vrai.

- C'est seulement un show, tu comprends, mais ils reçoivent quand même des points, ils sont « premiers », ou « deuxièmes », ou « nuls », le monde aiment ça, ça leur rappelle les jeux olympiques, ou les concours de chiens ou de beauté, ou je sais pas quoi.

- Oui, mais c'est quoi le gag, à ce moment-là ?

- C'est de la business, c'est tout.

- L'autre jour, j'ai entendu une petite fille dire « le patinage à vitesse », je lui ai dit « non, on dit le patinage de vitesse », elle m'a répondu : « Moi je connais quelqu'un qui prend des cours de patinage À vitesse. »

- Elle est assez comique, celle-là.

- Elle est surtout assez vite.

- Sur ses patins.

- C'est ce que j'allais dire.

- De toute façon, moi je me dis que même aux jeux olympiques, c'est quoi le trip du patinage ?

- Un de mes amis était guitariste, une fois qu'on était en train de jouer je lui dis : « Tu patines en tabarnak », il a mal pris ça.

- C'était un bon guitariste.

- C'est ça, je veux dire que c'était dit comme pour dire : « Continue, c'est bon ton affaire. »

- C'est le mot « patiner » qu'il avait pas aimé.

- Bref, la question c'est : pourquoi le monde vont voir ça, pourquoi le monde regardent ça à la télévision, pourquoi le monde aiment ça.

- C'est parce que c'est une distraction.

- Une distraction, une distraction...

- Oui, c'est juste une distraction.

- Tu veux dire distraction dans le sens que tout le monde regarde ça juste « par distraction », c'est-à-dire pour se distraire ?

- Oui.

- C'est vrai que le monde aiment se distraire.

Samedi 10 janvier 2004

 

05/11/2017

SÉRIEUSEMENT

- Il y en a qui disent que le cancer c'est une maladie de l'âme

- Une maladie de lames ?

- Une maladie de l'ÂME, comme dans L'ÂME HUMAINE.

- Remarque, moi mon rasoir est tellement vieux que je suis sûr que la lame doit avoir le cancer.

- Oui, mais le cancer peut pas être une maladie de l'âme, comment tu pourrais avoir une maladie de l'âme quand tu as pas d'âme ?

- Qu'est-ce qu'ils veulent dire, « l'âme » ?

- C'est ce que je me demande, moi.

- Le jeune qui était allé se faire soigner au Texas ou je sais pas où dans le sud des États-Unis pour un cancer des gosses et que les nouvelles arrêtaient pas de nous faire brailler sur son sort, ça veut dire quoi le cancer c'est une maladie de l'âme si il avait un cancer des gosses, ça veut dire qu'il avait l'âme dans les gosses, ou quoi, ce gars-là ?

- Si tu as un cancer de la tête, ça veut dire que l'âme c'est la tête.

- Oui, mais tu peux pas avoir un cancer de la tête.

- Pourquoi pas ?

- La tête, c'est pas un organe, ça, la tête.

- La tête c'est pas un quoi ?

- Un organe.

- Qu'est-ce que ça peut faire, tu peux avoir un cancer de la tête comme un cancer de n'importe quoi.

- Non, il faut que ça soit un organe comme le cancer du foie, mettons, ou des poumons ou de n'importe quoi, la tête, elle, c'est pas un organe, c'est un ensemble, je dirais, un ensemble d'organes comme : les oreilles, le nez, le cerveau, etc., la bouche, etc.

- De toute façon, « cancer » ça devrait être un mot féminin, moi c'est ce que je me dis.

- Masculin, féminin ou fif, le cancer c'est le cancer, le reste on en a rien à chier.

- En tout cas, moi j'aimerais mieux avoir un cancer de n'importe quoi mais pas un cancer de la tête.

- Hélas, la vie passe et ne t'apprend rien...

- Non mais, c'est vrai, la tête c'est le siège de l'intelligence, c'est-à-dire de TOUT, tu peux pas vivre si tu as pas de tête ou si tu as un cancer de la tête.

- « He's insane in the brain. »

- L'âme, on s'en torche le cul de l'âme, c'est la tête qui compte, dans la tête tu as TOUT, comme.

- Ce gars-là, c'est un malade genre entre les deux oreilles dans la tête.

- Quoi, qu'est-ce que tu marmonnes ?

- Rien, je pense que je commençais à m'endormir.

- Moi je suis en pleine forme, moi.

- Physique et mentale.

- Physique et mentale.

- Bref, pour revenir au cancer, finalement, c'est un dérèglement de quelque sorte, les cellules deviennent comme folles, c'est un peu comme si mettons les patates d'un champ de patates se mettaient à produire toutes seules des milliards de milliards de patates, le champ exploserait.

- Imagine si tu avais un cancer de la tête.

- C'est ça, oui, il se mettrait à te pousser des milliards de milliards de têtes, peut-être.

- Pas nécessairement.

- Comment ça, pas nécessairement ?

- Si tu as un cancer du pancréas, il te pousse pas nécessairement des milliards de pancréas, il te pousse des milliards de CELLULES de pancréas, c'est pas pareil.

- Oui, mais si tu avais un cancer de la tête il se mettrait à te pousser des milliards de têtes, C'EST ÇA, LA DIFFÉRENCE.

- Je pense que c'est pas vraiment sérieux ton affaire, moi, Chose.

- Au contraire, le cancer c'est un sujet extrêmement grave et sérieux, tu sauras.

Dimanche 11 janvier 2004

 

04/11/2017

COMME ON FAIT SON LIT ON SE COUCHE

Je connais pas grand-monde, c'est vrai, mais je connais quelques personnes, je suis pas plus fou qu'un autre, je suis comme tout le monde, moi, j'ai même connu un gars à un moment donné qui disait « les people » au lieu de « les gens » ou « les personnes », il disait « Ça dépend des people », par exemple, et ça c'était longtemps avant l'expression « les boat people », or « les boat people » c'est accepté aujourd'hui en français, mais on peut pas dire « les people », ça a pas d'allure, ça, dire « les people », mais c'est vrai que ce gars-là qui disait « Ça dépend des people » c'était un junkie, un vrai junkie l'aiguille dans le bras à tout bout de champ, jour après jour, on était en train de boire de la bière ensemble la fois qu'il m'a dit « Ça dépend des people », je le trouvais pas très intelligent, moi, ce gars-là, pas parce que c'était un junkie mais parce que c'est vrai qu'il était pas très intelligent, d'ailleurs il a fini par en crever de la junk finalement, il avait quelque chose comme vingt-huit ans, l'âge « météorique », il avait été sur la méthadone un bout de temps, comme tous les junkies, mais ça avait rien donné comme toujours quand les junkies prennent de la méthadone, c'est comme les obèses qui se bourrent de « barres minceur » à la marde enrobées de chocolat pour maigrir au lieu de se mettre à manger comme du monde, c'est assez intelligent, ça, le gars qui a inventé ça, ces « barres-là », c'est vraiment un petit génie, un bandit visionnaire, il doit avoir un méchant sens de l'humour, ce gars-là, il va en rire encore dans sa tombe jusqu'à la fin de l'éternité avec ses millions en pensant à toute la gang de bouffons qui se gavaient de ses « barres minceur » et qui lui donnaient leur argent, bref, un junkie ça peut quand même être un gars intelligent, les junkies c'est du monde comme tout le monde, au fond, sauf qu'ils se remplissent de junk, c'est la seule différence, mais d'un autre côté il faut pas être extrêmement intelligent pour se remplir de junk comme un cochon, si tu te mets à te piquer à tout bout de champ, jour après jour, il y a comme des chances que tu finisses par devenir quelque chose qui va commencer à ressembler à une sorte de junkie, c'est pas tellement plus compliqué que ça, l'affaire, même qu'à la limite on pourrait dire que les junkies se mettent à se bourrer de junk pour devenir junkies, ils vivent pas sur une autre planète, dans un autre univers, ce monde-là, les junkies c'est du monde qui savent comme tout le monde que la junk ça te rend junkie, sauf que contrairement à tout le monde qui sait ça ils en prennent pareil, donc les junkies deviennent des junkies parce que c'est ça qu'ils veulent, devenir des junkies, « moi je vas vivre dans la rue et je vas être une pute ou une vedette ratée et je vas voler de l'argent à tout le monde et je vas mentir à tout le monde tout le temps et je vas être un vrai junkie, ça va expliquer que j'ai pas d'allure et que je suis un raté ou une pute à vingt piastres le blow job ou un déchet de la société de quelque sorte, etc. », c'est une projection comme une autre, c'est comme décider de devenir comptable, mettons, ou avocat, ou n'importe quoi, c'est une sorte de plan de carrière, finalement, « il me semble que je ferais un pas pire junkie, moi, junkie ça me conviendrait assez bien, je pense », ça marche ou ça marche pas, mais devenir junkie ça marche comme à tout coup, il y a à peu près personne qui veut devenir junkie et qui échoue dans son entreprise, « moi mon rêve c'était d'être un junkie mais malheureusement ça a foiré, je sais pas ce qui s'est passé », par contre une fois que tu as réussi à devenir un junkie ton problème c'est de survivre comme junkie, tu as une vie de junkie, ou bien tu crèves junkie ou bien tu t'en sors, comme on dit, à la limite tu deviens junkie pour en crever ou pour t'en sortir, ça tourne pas mal en rond, toute cette affaire-là, ça fait que je pense que je vas essayer de me calmer un peu maintenant et que je vas aller me coucher.

Lundi 12 janvier 2004