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03/11/2017

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La créativité, je vais te dire c'est quoi, moi, la créativité, la créativité c'est être prêt à souffrir pour que les choses aillent mieux, c'est ça, la créativité.

Je te donne un exemple, mon dentifrice, moi, c'est Colgate, « Cavity Protection Contre la Carie », c'est ce qui est écrit sur le tube, je prends la sorte qu'ils appellent « Regular », c'est-à-dire « Populaire », en français, comme si « À la menthe » ça pouvait pas être une « saveur » populaire, etc., bref, avec Colgate tu es correct, parce que sur le tube ils disent « Protection PROUVÉE contre la carie pour des dents plus solides » et je vois pas pourquoi ils nous mentiraient, finalement, mais c'est pas ça, l'important, l'important c'est que j'achète le Colgate au lieu d'une autre marque parce que quelqu'un, quelque part, s'est un peu forcé le cul, un beau jour, et qu'il a étudié comme il faut la question du tube de pâte à dents et qu'il a fini par se dire : « Il y a un petit problème avec les tubes de pâte à dents, c'est le bouchon, il faut que tu enlèves le bouchon, après il faut que tu le mettes quelque part, le bouchon est rond, il roule, il tombe dans le trou du lavabo, tu l'échappes dans la toilette, tu le dévisses, tu le revisses quand tu as fini, bref, c'est l'enfer, il faudrait que tu puisses ouvrir le bouchon sans que tu sois obligé de l'enlever, je vas essayer de faire ça, moi, un bouchon que tu peux enlever, si tu veux l'enlever, mais aussi que tu peux laisser là si tu veux pas l'enlever, c'est assez simple, en fin de compte, j'ai juste à faire un bouchon dévissable, mais avec une partie qui s'ouvre et qui se ferme sans que tu aies besoin d'enlever le bouchon à chaque fois que tu te brosses les dents », et ça a marché, son affaire, il a réussi, le gars, il a inventé le bouchon avec comme une sorte de petit couvercle qui s'ouvre et qui se ferme et qui est pris après le bouchon, et je trouve ça vraiment pratique, moi, une fois que tu as commencé à t'habituer avec le bouchon ouvrable et refermable, il y a aucune raison au monde pour que tu continues à te faire chier tout le reste de ta vie avec les bouchons que tu dévisses et que tu revisses, c'est pour ça que j'achète cette marque-là, moi, au lieu d'une autre marque de pâte à dents.

C'est ça qui est ça.

Bon ben, je pense que j'ai fini, j'ai dit ce que j'avais à dire, j'ai rien à rajouter.

Qu'est-ce que je fais ?

Je peux pas m'arrêter là, d'habitude je fais trois pages, là j'ai pas fait mes trois pages, j'en ai même pas fait deux...

Dans Céline, Louis-Ferdinand Céline, l'écrivain, pas Céline Dion la chanteuse à la marde, il y a un passage, dans « Voyage au bout de la nuit », je pense, c'est des soldats de la Première Guerre mondiale, il y en a un les autres se mettent à le traiter de fif parce qu'il transporte une brosse à dents avec d'autres affaires dans une boîte en métal, c'est une indication intéressante, ça veut dire qu'avoir une brosse à dents vers 1914 c'était encore une curiosité, d'ailleurs on sait pas avec quoi ceux qui se brossaient les dents à cette époque-là se les brossaient, c'est un petit détail, mais dans les films russes des débuts de la Révolution tous les pauvres dans les scènes d'émeute c'est des édentés qui devaient forcément jamais se brosser les dents, c'est comme les scènes de salle de cinéma dans les films d'une certaine époque, la première affaire que tu remarques c'est que tout le monde fumait dans les cinémas, aujourd'hui ils nous mettent des photographies de monstres sur les paquets de cigarettes pour nous écœurer, des photos de monde que les dents leur pourrissent dans la bouche, d'après moi ça veut dire rien qu'une affaire, c'est que ou bien les cigarettes étaient beaucoup moins dangereuses pour la santé autrefois, ou bien la pâte à dents est beaucoup moins bonne aujourd'hui, mettons.

Lundi 12 janvier 2004

 

02/11/2017

LA LECTRICE

Je reçois une lettre d'une fidèle lectrice.

« Cher Monsieur,

« Vous êtes un dangereux malade vous mon cher Monsieur, je n'ai que ça à vous dire, etc., etc. ! »

Ça commence bien, je la connais même pas, moi, cette conne-là !

« Vous devriez avoir honte espèce de pas d'allure de singe du Nédanderthal ! »

« Allez vous faire enculer ! Moi-même en tant que Femme, Épouse et Mère de Famille je vous encule mon très cher Monsieur ! »

Oh boy !

« Vous saurez Monsieur comme l'a dit je crois un très grand et très célèbre penseur dont le nom m'échappe malheureusement pour le moment mais ça va sûrement me revenir dans quelques instants ne vous en faites pas que la Femme est l'Avenir de l'homme mon cher Monsieur ! »

Bel avenir en perspective, tout le monde obligé de porter des talons hauts et de jouer à la poupée du matin jusqu'au soir !

« Vous avez le culot d'écrire dans votre torchon et je vous cite intégralement et textuellement : À partir de l'âge de cinquante ans toutes les femmes devraient se mettre à s'habiller en homme comme ça les choses seraient un peu plus claires ! »

Quoi, c'est vrai, les femmes, après la ménopause, qu'est-ce que ça peut bien leur donner de continuer à se déguiser en femmes ?

Elles se pensent encore « cocottes » dans leur tête, ou quoi, elles s'imaginent « fleurs » ad vitam aeternam, avec leurs attirails de clowns et leurs petits pots de crèmes « anti-ceci » et « anti-cela » et leurs espèces de caleçons en dentelle bouffante et leurs magazines à la marde et leurs téléromans de débiles mentales, et elles ont même plus de pollen !

L'abeille te regarde ça, ces bouquets-là, elle dit aux autres abeilles de sa gang : « Perdez pas votre temps, les gars, c'est pas avec elles qu'on va faire notre miel cette année, elles sont fanées, celles-là, un coup fanées il y a plus rien à faire, ça se répare pas ! »

« Mais comment osez-vous donc parler de la sorte des Femmes et des Mères de Famille qui vous ont mis au monde vous et tous les autres maudits hommes de votre espèce et qui vous ont allaités jusqu'à l'âge adulte etc. ! »

- Écoutez chère Madame, vous apprendrez que dans les femmes il y a pas juste du lait, en fait après la ménopause la laiterie se trouve à être fermée comme pour ainsi dire définitivement, il y a aussi de la testostérone dans les femmes, chère Madame, oui oui, de la testostérone, et à la ménopause la testostérone dans les femmes devient active, elle explose, comme qui dirait, c'est pour ça que les femmes à cet âge-là elles se mettent à avoir de la barbe et à vouloir se battre avec les hommes à tout bout de champ et à propos de n'importe quoi, c'est pas moi qui le dit, chère Madame, c'est : La Science, notre Maître à tous !

« Qu'est-ce que vous pensez que ça peut me foutre à moi La Science comme vous dites espèce de petit trou du cul sans cervelle, espèce de pas de couilles dégénéré minable lavette, je l'encule moi La Science moi mon cher Monsieur, La Science moi je l'encule même très fort et jusque dans le fin fond de son elle-même moi La Science Monsieur et même que je m'en branle moi mon très cher Monsieur de La Science vous apprendrez Monsieur ! »

- Appelle ta fille, présente-moi-la avec ta petite sœur, que je les baise toutes les deux ensemble, et va faire des tartes, toi, va manger du chocolat, va te coucher, on t'a assez entendue, espèce de christ de nouille de bas de gamme du câlisse !

Non mais, il y a un bout à tout dans la vie !

« P.S. À propos cher Monsieur vous serait-il possible de m'envoyer un autographe s.v.p. ? »

Mercredi 14 janvier 2004

 

01/11/2017

TV-DINNER

- Peux-tu me dire, toi, Chose, qu'est-ce qu'une journaliste soi-disant pas trop conne comme Michael Jean va faire dans une émission de cuisine comme celle à Ritardo ?

- Michael Jean, tu veux dire la Noire, je veux dire la Haïtienne ?

- C'est ça, en plus elle le dit elle-même à l'autre tata, elle fait même pas la cuisine.

- C'est fort.

- C'est fort, mets-en, « oh que ça sent bon », « oh que j'aime ça, moi, manger telle affaire », « oh qu'est-ce que je fais là à faire la débile mentale avec l'autre tata ? ».

- Tu veux dire celle qui faisait le « Télé-Journal » à un moment donné à Radio-Canada ?

- Il y a pas grand-chose qu'elle a pas fait, cette fille-là, elle est partout.

- En tout cas, elle fait pas la cuisine, ça, au moins, on le sait, maintenant.

- Exact.

- L'autre l'a invitée juste parce que le monde la connaissent, ils l'ont déjà vue ailleurs à la TV.

- Mais elle servait à rien et ça lui servait à rien à elle non plus parce qu'elle l'a dit, elle fait même pas la cuisine, mais l'émission c'est une émission que tu fais de la CUISINE.

- Effectivement, c'est un peu compliqué comme affaire, finalement.

- Si le tata, là, Micardo invitait n'importe qui, mettons toi, par exemple, ça veut dire quoi, ça veut dire que personne l'écouterait son hostie d'émission de cuisine à la marde ?

- Pas forcément, une vedette ça rajoute toujours un peu de piquant, c'est du show-biz comme, c'est ce que je me dis, moi.

- Est-ce qu'il neige encore, là ?

- On dirait bien.

- J'ai pas hâte de voir la facture.

- Tu veux dire l'émission « La facture » ?

- Non, je veux dire la facture du chauffage, j'en peux plus, moi, ça fait trois mois qu'il fait moins 1000, au moins, jour après jour, je dors tout habillé depuis des semaines, ma bière gèle quand je la mets entre les deux portes.

- Peut-être que Michael Jean est allée à l'émission de Mardokid se faire un petit peu de cash facile, qu'elle soit capable de payer son Hydro.

- Quand je les entends, moi, ce monde-là qui font semblant de sympathiser avec le pauvre monde parce qu'il fait moins 1000, ils sont pleins comme des tabarnaks, ce monde-là, tu viendras pas me dire que Simon Durivage il a pas un garage CHAUFFÉ, toi, ce gars-là.

- C'est vrai qu'il doit être assez plein Simon Durivage, « Saumon Durivage », depuis le temps qu'il est là, il a tout fait, lui, ce gars-là, il a même travaillé dans tous les postes à la TV.

- À part ça, le cuisinier, là, Mardoku, c'est pas un Italien, d'après ce que je comprends, moi, ce gars-là, c'est quoi le trip d'avoir un nom italien si tu es même pas Italien ?

- Écoute, il y a même du monde qui s'appellent « Gino » et qui sont pas Italiens.

- C'est quoi le trip, d'après toi ?

- C'est un trip de parents, ils aimaient Gino Vannelli, mettons, et ils ont appelé leur gars comme ça parce qu'ils écoutaient du Gino Vannelli la fois qu'ils ont baisé, je sais pas, moi.

- C'est un peu comme si tu t'appelais Fidel Poitras, mettons.

- Oui, ou Mamboula Brouillette.

- Ou Dan Bigras.

- J'ai déjà entendu le nom d'une fille qui s'appelait, je te le jure, « Édith Ouellette ».

- Un nom assez chiant.

- Assez chiant merci, oui.

- Ça se peut-tu.

- En tout cas, j'ai pas hâte de voir la facture, moi, ça va être la beurrée, Chose.

- La beurrée de marde.

- La beurrée de marde, mets-en.

- Mais pas pour eux autres.

Jeudi 15 janvier 2004